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Deuxième concert depuis que la covid est notre actualité quotidienne! Je retrouve le Vauban, salle mythique de Brest où selon les dires de ma fille j’aurai fait le rappel pour Pierre Lapointe  tout seul. Je la laisse dire, elle exagère mais c’est agréable de l’entendre revenir là-dessus régulièrement, j’ai ainsi l’impression qu’elle me regarde toujours avec le regard des enfants devant leur  père qui ne peut être qu’un héros bien entendu! 
    Les enfants ne se rendent pas compte de la pression qu’ils nous mettent, nous qui devons rester grand à leurs yeux alors que nous nous rendons compte qu’ils commencent à comprendre les faiblesses qui parfois peuplent nos pas.
    Quoi vous pensez que nous remercierons jamais assez nos enfants de nous pousser par leur simple regard à devenir la meilleure version de nous-même. C'est aussi une façon de voir les choses.

 Bref loin du regard de mes enfants et de leur jugement sans nuances , j’ai invité deux amies l’une pour couvrir l’autre et vice versa, ça marche dans les deux sens… A la plus jeune le plus sérieusement du monde j’ai cité ces quelques paroles tirées du monologue que fait Cyril Mokaiesh à la fin de son album  “Clôture". le titre porte d'ailleurs le même nom
“Hier soir j'ai embrassé une fille de 22 ans qui partait s'installer à New-York
Je lui ai dit 22 c'était bien mieux que New-York et qu'j'avais très envie d'elle
Il m'a semblé qu'elle aussi et puis elle m'a déposé, en taxi
Paris, Paris, Paris, t'as les cheveux gris…

     ça ne l’a pas inspiré, elle ne s’est pas identifié à une jeune femme de 22 ans et n’a pas non plus fait le parallèle entre mes cheveux et ceux de la chanson. Il est vrai que ce soir je n’ai pas les cheveux gris ni le cœur badin. J'ai l'âme prolétaire, l'âme essoufflé 

C'est le cri, ton cri, ton cri, notre cri
C'est le cri des essoufflés
Celui qui plane, qui plane avant d'échouer
C'est le chant où tout est permis
S'esquinter à tout prix
S'embrasser tant qu'la nuit s'installe
Et choisir, choisir son étoile 

                                                                                            (le cri des essoufflés)

 Cyril Mokaiesh passe derrière moi et le voyant je ne peux m’exclamer “ Ouah Cyril”. Il se retourne en entendant son prénom. Il tend le bras vers moi, avec un sourire bienveillant… Les amies que j’ai invitées se moquent du sourire béat d’adolescent que j’affiche…

    Le protocole sanitaire nous oblige à être assis autour d’une table en demi jauge, déjà que la salle du Vauban n’est pas grande et au vu du prix du billet, je me dis que Cyril continuera à écrire des “chansons d’intervention” comme il avait dit dans un précédent concert où j’étais allé… 
Le rapport d’Oxfam est tombé ces jours-ci, la pandémie et les aides de l'État ont profité aux plus riches, la fortune des milliardaires a plus augmenté depuis le début du covid qu’en dix ans. Comment il dit déjà Cyril 

Ça les perdra
De mondialiser l'injustice
D's'en asperger de bénéfices
Ça les perdra
De cocooner le patronat
De « bouclieriser » l'élite

                                                      (Communiste)

 C’est déprimant, c’est pour quand la révolution! En attendant je préfère être ici qu’à la table de Bernard Arnault. ça tombe bien, je ne pense pas que ce soit dans ses plans de m'inviter!…
Musique:

après le déluge 
et nous dans tout ça 
qu’est-ce qu’on dit ?
qu’est-ce qu’on doit?

Le médical à cran 
les ouvriers dehors
la planète en ciment 
cherche le réconfort
d’un être à qui parler
dans nos cœurs quel chantier…
                                 (après le déluge)

Je me rends compte que je connais tout par cœur, je crie, je chante, je me lève, mes amies sont hilares… Cyril présente chaque chanson, nous faisant partager sa vie… Il parle d’une ville… J’aime répéter cette phrase: “Une fois que tu as écris ça, tu peux mourir tranquille” et c’est ce que j’ai dit en entendant ces deux vers dans la chanson “HONFLEUR”. Quant à moi j’estime que je ne suis pas encore prêt à mourir…

Les souvenirs s'effacent
À mesure que le temps nous froisse
Les souvenirs tabassent
Regardons droit devant
Comme on faisait adolescents

En attendant que les souvenirs s’effacent, c’est mes larmes qui coulent quand tu chantes les villes où tu es allé. Tes paroles sont les nôtres, ton adolescence nous renvoient à la nôtre même si ce n'est pas les mêmes maux, les mêmes absences, les mêmes manques...


Je plane, je plane
Je salue des bateaux, fatigués des oiseaux
Je plane, je flâne
J’écoute le vent du nord, son air de ténor...

 
 Vient le moment de lever le poing, mon frère de lutte… Ce n’est pas une adhésion au parti et à ce qu’on en a fait, Non c’est une utopie pour laquelle on luttera sans fin avec nos sourires, nos mains tendues, nos poings levés, nos verres et repas partagés, notre argent redistribué. L'effort doit être commun!
Un dernier verre au bar, je me retourne, il est là! je peux lui dire l’importance qu’il a pour moi, mes enfants…
C'est ainsi les paroles, les musiques, les décors qui peuplent notre univers déteignent sur nous comme sur nos proches, prenons en soin…
    Il me répond que souvent dans un concert il y a quelqu’un qui accroche le regard et que souvent il fait la gueule mais que ce soir c’est à moi et à mon énergie que lui et ses musiciens se sont raccrochés… la lutte n'est pas triste, elle est festive, généreuse... Ma fille est dans le vrai: “j’ai dû faire le rappel de Pierre Lapointe à moi tout seul”

Une vie fidèle à son poème 
une pluie d’or et de chrysanthèmes 
Une vie sans dieux ni traitres à la fenêtre, à la fenêtre
ce n’est qu'un court voyage, un court métrage
Ce n’est qu’une fleur sauvage sous l’orage… 
                                                                                     (Une Vie) 

  Je rentre avec l’impression d’avoir trente ans de moins, je suis prêt à affronter une nouvelle puberté faite de boutons d'acné et de nouvelles résolutions...
À la lumière d’une bougie et à la fraîcheur d’une dernière bière je me dis qu’il est temps de finir d’écrire le nouveau poème qui régira ma vie, ma seconde partie de vie qui frappe à la porte. les idéaux c’est comme la révolution, ça doit se planifier… Le rapport d'Oxfam et les chansons de Cyril Mokaiesh ont quant à elles remis en perspective mes combats.
 il y a de multiples manières camarade de lutter  pour ses idéaux, choisis la tienne!…                                                                                                                                                                                      (lepoetedusiecle)

https://youtu.be/mZD9p1j55zM

https://youtu.be/QW4YE6-hO-0

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